Quelle race de chien choisir pour un premier chien ?
Une race facile à éduquer n'est pas une race qui obéit toute seule. C'est une race coopérative, peu sensible aux maladresses, et sans instinct trop spécialisé à canaliser.
Une race de chien facile à éduquer se reconnaît à trois traits : elle cherche spontanément le contact avec l'humain, elle encaisse les erreurs de manipulation sans se braquer, et son instinct d'origine ne réclame pas un exutoire quotidien. Ce sont ces trois qualités, et non le quotient intellectuel de la race, qui font une bonne race de chien pour débutant.
Cette page tranche : elle donne huit races qui pardonnent, dit franchement lesquelles sont à éviter pour un premier chien, liste les cinq erreurs de débutant qui fabriquent un chien difficile, et pose la question du chiot ou de l'adulte.
Ce que veut dire « facile à éduquer »
La race de chien la plus facile à éduquer est celle qui combine une forte motivation à travailler avec l'humain, une bonne tolérance aux erreurs de son maître et un besoin d'exercice compatible avec la vie du foyer. Le Labrador, le Golden Retriever et le Caniche réunissent le plus souvent ces trois conditions. Aucune race, cependant, ne s'éduque sans travail quotidien.
Trois notions sont constamment confondues, et cette confusion est à l'origine de la plupart des mauvais choix.
La motivation à travailler avec l'humain
Certaines races ont été sélectionnées pour agir en collaboration permanente avec un humain : les retrievers rapportent ce qu'on leur désigne, les chiens de berger de conduite travaillent sous les indications du berger. D'autres ont été sélectionnées pour décider seules, loin de tout maître : les chiens de garde de troupeau, les chiens courants, les races primitives. Les premières apprennent vite parce que vous plaire fait partie du métier ; les secondes évaluent votre demande avant d'y répondre.
La sensibilité aux erreurs
Un débutant se trompe. Il donne un ordre au mauvais moment, hausse la voix par réflexe, récompense sans le vouloir un comportement qu'il voulait éteindre. Une race robuste sur ce plan encaisse et recommence. Une race sensible, comme le Golden Retriever ou de nombreux bergers, enregistre le ton et se met en retrait, ce qui donne au maître l'impression fausse d'un chien qui « boude ».
Le niveau d'énergie
Un chien fatigué apprend. Un chien qui déborde d'énergie non dépensée n'écoute rien, quelle que soit son intelligence. C'est pourquoi le besoin d'exercice quotidien fait partie intégrante de la facilité d'éducation : une race qui réclame trois heures par jour est difficile pour quiconque n'en a pas trois à donner.
Intelligent ne veut pas dire facile
Le Border Collie est classé premier des races les plus intelligentes, et c'est probablement le plus mauvais choix qui soit pour un premier chien. Sa vitesse d'apprentissage joue dans les deux sens : il apprend aussi vite ce que vous ne vouliez pas lui apprendre, il s'ennuie en quelques minutes et il invente alors sa propre occupation. Le sujet est traité en détail sur la page des races les plus intelligentes.
Une race facile ne dispense pas de travail : elle rend seulement les quinze premières minutes quotidiennes plus efficaces.
Les races les plus faciles pour un débutant
Les huit races qui suivent partagent une caractéristique : leur métier d'origine supposait de travailler avec l'humain plutôt que contre lui ou loin de lui. Chacune est accompagnée de la contrainte qu'il faut accepter, parce qu'aucune n'est gratuite.
Huit races qui pardonnent les erreurs
Sélectionnées pour leur coopération naturelle et leur tolérance aux maladresses de débutant.
01
Labrador Retriever
Le choix par défaut, et pour de bonnes raisons : très motivé par la nourriture, donc facile à récompenser, sociable et peu rancunier. La contrainte est l'énergie du jeune adulte, qui reste soutenue jusqu'à deux ou trois ans, et une gourmandise qui mène au surpoids si les rations ne sont pas mesurées.
02
Golden Retriever
Même famille, même coopération, avec une douceur supérieure et une plus grande sensibilité au ton de la voix. À accepter : un poil long qui demande un brossage régulier et une mue soutenue, ainsi qu'une prédisposition raciale aux cancers qu'il faut connaître avant de s'attacher.
03
Caniche
Deuxième du classement des races les plus douées, et pourtant accessible : il travaille avec plaisir, se salit peu et perd très peu de poils. La contrainte est financière et régulière : un toilettage professionnel toutes les six à huit semaines. Il s'ennuie vite et peut devenir aboyeur si personne ne l'occupe.
04
Cavalier King Charles
Doux, peu vocal, sans instinct de chasse marqué : c'est un chien de compagnie au sens strict, facile à vivre pour un premier maître. Deux réserves sérieuses : il supporte mal la solitude, et la race est fortement touchée par la maladie valvulaire mitrale.
05
Bichon frisé
Gai, sociable, peu bruyant et sans mue notable. Il tient dans un petit logement et se contente d'exercice modéré. À accepter : le toilettage régulier, et une éducation à la propreté qui demande souvent plus de patience que chez les grandes races.
06
Épagneul nain continental
Le Papillon figure dans les dix races les plus douées tout en restant très facile à manipuler par un débutant : deux à cinq kilos, joyeux, attentif, rapide à apprendre. Ses limites sont sa fragilité physique et son besoin réel de stimulation, sans quoi il devient vocal.
07
Bouvier Bernois
Grand, calme, particulièrement doux avec les enfants et peu porté à la confrontation. Deux contraintes lourdes : une mue importante toute l'année, et surtout une espérance de vie courte pour un chien, avec une prédisposition raciale marquée aux tumeurs.
08
Carlin
Peu sportif, très attaché à son foyer, sans instinct spécialisé à canaliser : il demande peu de gestion. En contrepartie, c'est un brachycéphale, avec les difficultés respiratoires, l'intolérance à la chaleur et le budget vétérinaire qui vont avec, plus une gourmandise à surveiller.
Les races déconseillées à un premier maître
Déconseillé ne veut pas dire mauvais chien. Cela veut dire : cette race demande un accompagnement, une expérience ou un temps quotidien qu'un premier maître n'a généralement pas encore. Beaucoup de ces chiens finissent en refuge à dix-huit mois, exactement au moment où leur potentiel s'exprime pleinement.
Les chiens de troupeau intenses : Border Collie, Berger Belge Malinois, Beauceron, Berger Australien de lignée de travail. Ils réclament un travail mental quotidien et redirigent leur instinct sur ce qui bouge à défaut de troupeau.
Les races primitives : Akita Inu, Shiba Inu, Husky Sibérien, Basenji. Sélectionnées pour l'indépendance, elles n'ont pas le réflexe de consulter l'humain. Le rappel y est un chantier de plusieurs années, parfois jamais totalement acquis.
Les molosses de garde : Cane Corso, Dogue Argentin, Berger d'Anatolie, Rottweiler. Puissance considérable et vigilance naturelle, qui demandent une socialisation intensive et une maîtrise physique réelle. Certaines de ces races relèvent en outre de la deuxième catégorie et de ses obligations légales.
Les terriers et chiens courants de chasse : Jack Russell, Fox Terrier, Beagle, Basset. Énergie élevée, seuil d'excitation bas, nez qui prend le pas sur le rappel dès qu'une piste apparaît.
Si l'une de ces races vous attire malgré tout, la bonne démarche existe : prendre un adulte au caractère connu plutôt qu'un chiot, s'inscrire dans un club canin avant l'arrivée du chien, et prévoir un budget éducateur dès la première année.
Le conseil qui change tout
Avant de choisir, passez une heure avec un adulte de la race, pas avec un chiot. Le chiot ne dit rien du chien que vous aurez pendant douze ans, et il est conçu pour vous faire signer.
Les cinq erreurs de débutant qui rendent un chien difficile
Dans la grande majorité des cas, un chien dit difficile est un chien normal placé dans un cadre incohérent. Voici les cinq mécanismes qui reviennent le plus souvent, et leur correction.
1. La solitude apprise trop tard
Le chiot arrive un vendredi, passe deux semaines de vacances collé à ses maîtres, puis se retrouve seul huit heures un lundi matin. La correction : dès le premier jour, des absences très courtes, répétées, allongées progressivement, sans départ ni retour théâtral.
2. La laisse tendue tolérée
Un chiot de six kilos qui tire est mignon ; le même chien à trente kilos ne se promène plus. Chaque sortie où la traction fonctionne renforce l'apprentissage. La correction : la laisse tendue n'avance jamais, on s'arrête ou on change de direction, dès la première semaine.
3. La punition à retardement
Gronder un chien devant une bêtise commise trois heures plus tôt ne lui apprend rien sur la bêtise : cela lui apprend que votre retour est imprévisible. La correction : ce qui n'a pas été vu ne se corrige pas, on modifie l'environnement à la place.
4. L'absence de règles stables
Le canapé autorisé le dimanche et interdit le lundi, la mendicité à table tolérée par un membre du foyer, le rappel exigé sans jamais être récompensé. La correction : un tour de table avec toutes les personnes du logement, et trois règles écrites que tout le monde applique.
5. L'exercice remplacé par l'excitation
Une demi-heure de lancer de balle en rafale n'est pas une dépense d'énergie apaisante : c'est un entraînement à l'excitation, qui produit un chien plus rapide et plus réactif. La correction : de la marche longue en laisse détendue, du reniflage libre, et du travail mental court.
Chiot ou chien adulte pour un premier chien
Le réflexe du premier maître est de prendre un chiot. Ce n'est pas toujours la meilleure option, et c'est presque jamais la plus facile.
Ce que coûte un chiot
Trois à six mois de nuits fractionnées et d'apprentissage de la propreté.
Une période de socialisation critique, qui se termine autour de trois à quatre mois et ne se rattrape pas.
Une adolescence entre huit et dix-huit mois où les acquis semblent disparaître.
Un tempérament adulte partiellement imprévisible, même chez un chien de race.
Ce qu'apporte un adulte
Un gabarit, un poil et un caractère déjà connus, donc pas de surprise.
La propreté généralement acquise et un rythme de sorties d'adulte.
Un besoin d'exercice mesurable dès le premier jour.
En refuge ou en famille d'accueil, une évaluation comportementale déjà faite par des gens qui vivent avec lui.
Pour un premier chien, un adulte de deux à cinq ans, déjà sociabilisé, est souvent le choix le plus confortable. Les questions à poser sont simples et se posent avant de tomber amoureux : comment se comporte-t-il seul, avec les autres chiens, avec des enfants, à la manipulation, et à la gamelle.
Chien de race ou croisé
Un chien de race donne une probabilité de gabarit et de tempérament, pas une garantie. Un croisé adulte, lui, donne une certitude, puisqu'il est déjà ce qu'il sera. Ce que garantissent réellement les papiers, et ce qu'ils ne garantissent pas, est détaillé sur la page LOF, race pure ou croisé.